Si j'ai fais le choix d'effectuer une année de césure, c'est avant tout afin de me permettre de mieux cerner mon projet professionnel, et de découvrir plusieurs facettes des métiers de l'ingénieur susceptibles de me correspondre, le tout dans un cadre relativement protégé. La césure est aussi l'occasion rêvée de vivre une expérience internationale sur une période courte, et partir à  l'étranger pour mon deuxième stage de six mois s'inscrivait tout naturellement dans mes plans. L'Ecole Centrale Paris faisant preuve d'une très grande ouverture à  l'internationale, j'avais déjà  eu la chance d'effectuer un semestre académique en Inde, à  l' Indian Institute of Technology (IIT) Delhi, où j'avais pu suivre des cours de mathématique et d'informatique dans un environnement très différent de la France. Dans le cadre de ma césure, j'avais dans l'idée de découvrir un autre pays, mais ma première expérience indienne a été d'une richesse incroyable, à  tel point que j'ai fait le choix de revenir à  Delhi pour six nouveaux mois, dans le cadre d'un stage cette fois-ci.

Après une première moitié de césure en France, en tant que développeur pour systèmes embarqués dans une société de services, je suis donc reparti à  l'aventure au pays de Gandhi, pour six mois, dans une boîte française d'informatique embarqué pour les véhicules. Le but de ce stage, cette fois-ci dans une boîte plus industrielle, est d'avoir un rôle plus transverse, entre la technique et le marketing, et j'ai donc pour mission de justifier auprès des clients le retour sur investissement sur les solutions proposées, tout en adaptant ces dernières pour répondre aux besoins des clients. Je suis donc aussi amené à  suivre certains projets de près et, l'entreprise étant petite, je suis amené à  participer directement au développement des projets. J'ai donc la chance de toucher un peu à  tous les aspects de la boîte, et cela est très enrichissant et formateur. Le fait d'être en Inde me permet d'avoir de nombreuses responsabilités au sein de l'entreprise, que je n'aurais pas eu en France, où le cadre aurait été plus défini. Mon intégration dans l'entreprise, et dans le département R&D, auquel je suis rattaché, a été rapide : le fait de connaitre le pays et les coutumes m'a permis de savoir comment me comporter avec mes collègues et ceux-ci ont été très accueillants.

En dehors du côté professionnel et de l'intérêt de la mission, le choix de la destination a principalement été guidé par une réelle envie de retourner à  Delhi, et de passer plus de temps dans ce pays qui est à  la fois magnifique et très contrasté, où de nombreux aspects peuvent semblés répulsifs, mais où l'on se sent finalement bien, dès lors que l'on a été capable de s'adapter à  un environnement hostile au premier abord, mais au final très accueillant. Si mon choix de l'Inde pour le stage s'explique par mon attachement à  ce pays suite à  mon semestre académique, il est intéressant de savoir pourquoi j'avais choisi le Sous-continent dans un premier temps. De part mon ouverture d'esprit et mon goût pour les voyages, je cherchais pour un semestre académique un pays culturellement très différent de la France, avec un fort potentiel économique et où il est aisé de communiquer en anglais. L'Inde s'imposait alors comme le choix idéal, d'autant plus que les indiens sont réputés être bons en informatique, le domaine vers lequel je m'oriente.

Si ce pays est magnifique, et que je m'y sens maintenant chez moi, tout n'est pas facile. Tout d'abord, l'Inde est un pays très peuplé, et depuis quelques années, les indiens circulent tous en voiture, ce qui rend la circulation très difficile. Ainsi, habitant à  20km de mon lieu de travail, je mets parfois jusqu'à  1h30 à  rentrer le soir, ce qui rallonge considérablement les journées. La présence d'une foule permanente dans les rues, et donc d'un environnement bruyant, rend par ailleurs toute sortie fatigante. Une autre difficulté majeure est la météo. En effet, à  Delhi, dès le mois d'avril et jusqu'à  juillet, les températures sont comprises entre 40 et 50°C, ce qui rend le travail difficile dès qu'une coupure d'électricité (fréquentes) vient couper la climatisation. Mais ces quelques difficultés ne sont pas insurmontables et ne suffisent pas à  prendre le dessus sur les nombreux points positifs qui me font tant aimer ce pays.

Je suis très heureux d'être dans une Ecole qui soit autant ouverte à  l'international : cela rend les choses plus faciles pour se rendre dans le pays de son choix pour un semestre ou plus. Je ne peux que recommander à  toute personne ayant l'opportunité de passer quelques mois à  l'étranger d'en profiter : c'est une formation humaine exceptionnelle, qui fait grandir et permet de prendre la pleine mesure de la dimension internationale des entreprises, si importante aujourd'hui. Le seul risque est de trop s'attacher au pays, au point de ne plus vouloir le quitter, mais est-ce vraiment un problème ?

Antoine Chassande

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